Géologie de Bernissart
Puits naturels et piégeage des Iguanodons

Géologie de la région de Bernissart


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Puits naturels et piégeage des Iguanodons

Les accidents géologiques connus sous le nom de « cran » dans la région de Bernissart sont des structures verticales cylindriques appelées puits naturels. Ces structures se présentent sous forme de cheminées irrégulières, de section sub-circulaire ou sub-elliptique. Leur diamètre peut atteindre plusieurs dizaines de mètres, et leur profondeur plusieurs centaines de mètres de dénivellation.

Les puits naturels sont la conséquence de la dissolution des roches solubles (calcaire Dinantien) situées en profondeur. Les karsts profonds résultant de cette dissolution initient des puits par écroulements de toit. Ces puits se propagent, de bas en haut, vers la surface par écroulements successifs, traversant les terrains carbonifères sur plusieurs centaines de mètres d’épaisseur, et débouchent à l’air libre suite au soutirage des roches tendres de la couverture. Le remplissage des puits se présente sous forme de brèches de terrain houiller ou sous forme de terrains plus récents pouvant être stratifiés ou en brèche.

L’activité karstique du puits aurait ainsi créé un marécage en surface, marécage dans lequel les iguanodons seraient venus s’enliser. L’activité du puits aurait alors soutiré les couches argileuses, permettant l’enfouissement des iguanodons et donc leur conservation.



Figure 1 : Coupe théorique d’un puits naturel. (Y.Quinif, Le puits de Flénu, Karstologia n°24 - 1/1995)

L’assise calcaire profonde (8) est karstifiée. Des vides se créent (5) et une morphologie d’effondremment prend naissance, se développant de bas en haut. Ce vide, appelé fontis, recoupe progressivement les terrains supérieurs non calcaires (7 : schistes Namuriens, 6 : terrains houillers) qui s’effondrent dans le puits sous forme de brèche (4). Le fontis atteint le sommet des roches dures du socle primaire. Les roches tendres (sables, argiles) de la couverture (3 et 2) sont petit à petit soutirées dans le puits. C’est à l’origine du gisement d’iguanodons de Bernissart. En effet, le soutirage provoquait l’apparition d’un marécage en surface et les dinosaures s’y enlisaient. Ils disparaissaient ensuite lentement avec les argiles au fur et à mesure de leur enfoncement Après la fin du fonctionnement du puits, d’autres terrains (1) ont recouvert son emplacement sans y subir l’aspiration



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Géologie de la région de Bernissart

Le tableau de la figure 2 reprend la description des différentes formations ainsi que la colonne stratigraphique type de la région de Bernissart (Marlière, 1970 ; Nasdrovisky, 1989).



Figure 2 : Colonne stratigraphique type de Bernissart (Nasdrovisky, 1989).

Description des différentes formations :

- Limons sableux, sables argileux, marnes, sables argileux (+/- 15 m).

- Craies blanches (+/- 26 m).

- Craie de Maisière : calcarénite glauconifère et Rabots : craies grossières, plus ou moins silicifiées, riches en volumineux silex gris-brun à spicules d’éponges. (+/- 13 m)

- Fortes-Toises : craies grises durcies, renfermant des nodules siliceux.

- Dièves (+/- 40 m): marnes crayeuses (Tu2) ou marnes argileuses (Tu1).

- Tourtia (faible épaisseur) : cailloutis de transgression.

- Meules (+/- 70 m) : calcaires organo-clastiques, jaunâtres et peu glauconifères. Elles sont associées à des marnes sableuses et caillouteuses.

La colonne stratigraphique de Nasdrovisky nous fournit une épaisseur totale de plus ou moins 164 m de terrains connus. Au niveau du cran, cette colonne-type donne des ordres de grandeurs d'épaisseurs auxquelles il faut s’attendre, mais la position relative des couches par rapport à la surface n’est plus valide suite à la descente des matériaux dans le cran lors de son activité. Il faut dès lors considérer cette colonne avec le recul nécessaire. Elle nous fournit cependant une bonne idée de ce que l’on devrait rencontrer lors des sondages.