Conférence de presse du 2 décembre 2002

Sondages dans le Cran aux Iguanodons de Bernissart : Résulats du premier forage.


Mesdames, Messieurs,

Faisant suite à notre annonce du 26 septembre sernier, date à laquelle nous démarrions les travaux de sondage dans le Cran aux Iguanodons de Bernissart, nous vous avons conviés aujourd'hui pour vous présenter les résultats du premier sondage que nous avons terminé depuis le matin du mardi 26 novembre.

En effet, ce premier sondage que nous avons voulu 100 % carotté (c'est-à-dire avec prélèvement des carottes en continu de la surface au fond) a touché les formations argileuses wéaldiennes (dans lesquelles on avait trouvé les ossements lors des fouilles de 1878 à 1881) à partir d'environs 265 m. Aux environs de 315 m de profondeur, que nous avons atteints le vendredi 22 novembre, nous sommes sortis des argiles et avons ainsi décidé de poursuivre le forage jusqu'à 350 m afin de permettre les manipulations pour la tomographie. Le fait d'avoir recoupé les argiles sur environs 50 m constituait pour nous un premier résultat positif car nous avions décidé de démarrer ce premier sondage au sud du Cran (position n°3) où nous avions des informations relativement limitées. Mais cette décision était surtout motivée par le fait que nos études nous avaient montré que cette zone n'avait pas été fouillée et que, à condition de tomber dans le Cran, on avait des chances de trouver des ossements.

Du point de vue du délai, vous aurez remarqué que par rapport à la durée d'environ 1 mois que nous avions prévu pour le premier sondage, nous sommes restés un peu plus longtemps, cela était dû essentiellement à la difficulté de forer dans des silex et à certains problèmes techniques. Mais globalement ce premier sondage peut être copnsidéré comme une réussite car la nuit du lundi 25 nous avons fait réaliser des diagraphies pour contrôler la taille du trou ainsi que la déviation. Ces mesures nous ont permis de constater que la déviation était très limitée (de l'ordre du degré ce qui donne environs 4 m sur 350 m) ce qui est de bonne augure pour la tomographie ; et le diamètre du trou nous a décidé, après concertation avec les ingénieurs de SMET, de descendre un tubage PVC dans lequel nous comptons réaliser la tomographie sans avoir à aléser le trou. Cette opération a également été un succés total.

Le jeudi 21 en fin de journée, alors que le forage était aux environs de 310 m, un de mes collaborateurs qui suivent le chantier en permanence m'appelle pour me dire qu'on venait d'observer des traces intéressantes dans une carotte à la profondeur de 309 m. Il y avait en effet, des traces visibles de pyrite. Après emballage dans l'aluminium, la carotte a été amenée directement à la Faculté où nous l'avons examinée rapidement avant de décider de transmettre quelques échantillons à nos collègues géologues de la Faculté. Le soir du vendredi 22, mon collégue C. Dupuis, chef de service de géologie m'appelait pour m'annoncer la bonne nouvelle probable car l'objet analysé s'identifiait bien à un ossement.

Voulant en avoir le coeur net, nos géologues ont examiné soigneusement le reste des carottes d'argile avant de faire la même découverte au niveau -296.5 m. Les analyses faites sur les diférents échantillons (observation macroscopique et au binoculmaire, analyse minéralogique par rayons X) nous portent à croire que nous sommes en présence de fossiles d'origine animale (peau et ossements). Des analyses plus approfondies que nous ménerons avec les collégues de l'Institut Royal des Sciences Naturelles nous permettront peut-être de préciser la nature exacte de ces objets.


Mons, le 2 décembre 2002.


Prof. J.-P. Tshibangu K.

Chef du Service de Génie Minier