Analyse de certaines carottes contenant des fossiles

Six échantillons de carottes contenant des traces de fossiles ont été analysées par le Service de Géologie Fondamentale et Appliquée (GFA) de la FPMs afin d’en déterminer la nature.

Les différents échantillons ont été prélevés aux profondeurs suivantes : 296.50 , 298.40 ; 300.50 , 305.10 ; 309.00 et 324.80 mètres. Ces différents échantillons ont été observés macroscopiquement et au binoculaire. Les morphologies de ces échantillons ont été comparées à celles 1) d’un os d’Iguanodon issu des fouilles de 1878-1881 et conservé au GFA, 2) de reptiles marins turoniens et 3) de fragments de bois issus des faciès wéaldiens d’Hautrage. Une analyse minéralogique par diffraction des rayons X a également été réalisée sur les échantillons récoltés à 296.50 m (Fig. 1) et 309.00 m.




Figure 1 : Clichés de l’échantillon de carotte prélevé à 296.50 m (sondage BER3).

Les échantillons récoltés aux profondeurs de 296.50 et 309.00 mètres dans le forage n°3 de Bernissart présentent très probablement une origine animale. L’examen au binoculaire démontre la présence d’une structure tubulaire interprétée comme des canaux de type Havers (Fig. 2), caractéristiques des dinosauriens, mammifères et grands oiseaux.




Figure 2 : Détail de la structure observée dans les fragments de l’échantillon prélevé à 309.00 m.

L’analyse par diffraction X montre que les fragments analysés présentent une composition semblable à celle de l’os d’Iguanodon extrait de Bernissart en 1878 (Fig. 3).




Figure 3 : Comparaison entre les spectres de poudre DRX mesurés sur un os d’Iguanodon de référence (REF), le prélevement à 296.50 m (P296,5) et le prélèvement à 309.00 m (P309). La flèche indique le pic du quartz, présent dans le prélèvement 309, effectué dans la partir externe de l’élèment induré (incorporation de sédiments silteux dans le prélèvement).

Des doutes subsistent encore quant aux autres échantillons. L’échantillon prélevé à 324.80 mètres contient une flore à l’évidence carbonifère.



Afin de confirmer les résulats obtenus, des analyses approfondies des ossements provenant des cotes -296.5 et -309 m ont été confiés en février dernier à A. de Ricqlès (Chaire de biologie historique et Evolutionnisme, Collège de France et UMR 8570 CNRS) pour examen histologique. L'examen a révélé dans tous les échantillons les structures caractéristiques du tissu osseux (Figure 4). Par ailleurs, dans les fragments provenant de la cote -296.5 m, on a observé des fragments disloqués correspondant à des tissus dentaires de vertébrés. Toutes les informations données par les échantillons et par le forage, il y a de grandes chances que le forage ait traversé deux squelettes superposés d'Iguanodons.



Figure 4 : Image microscopique d'un ossement (Collège de France).